lundi 7 octobre 2013

Tu seras un homme, mon fils (autrement, c'est un pain dans la gueule, lopette)


Le chat, de Philippe Geluck, se demandait déjà pourquoi on disait de certaines femmes qu’elles sont « très femme », et d’ajouter : « dit-on de certaines casseroles qu’elles sont “très casserole” ? »

De manière assez comparable, je m’interroge toujours sur les parents qui veulent absolument que leurs enfants se conforment à tout un tas de clichés. Ceux qui veulent absolument que leur petite fille soit « très petite fille », que leur petit garçon soit « très petit garçon ». Ceux qui disent à tout le monde, tout excités : « Ah celui-là, c’est bien un garçon ! » Ils sont légions : ceux qui ne supportent pas de voir leur fils porter du rose, ou leur fille jouer avec une voiture. Ceux qui s’inquiètent dès que leur fils dit qu’il n’aime pas le foot, ou que leur fille dit qu’elle voudrait être pompier ou policière.

C’est vrai, c’est curieux, non ? Non pas que je nie la différence des sexes ou le fait que le sexe d’une personne soit un des éléments constitutifs de son identité. Mais bon, ce n’est quand même pas le seul : il y a l’origine géographique, le milieu social, la couleur de peau, la religion, parmi une multitude d’autres. Or, quand un petit gascon n’aime pas le cassoulet, il n’a pas besoin de se demander comment faire un coming-out à ses parents, et personne ne trouvera ça inquiétant. Franchement, vous imaginez la scène ? « Oh mon Dieu, il n’a pas repris du cassoulet de mamie ! Qu’est-ce qui lui arrive ? Est-ce qu’il va prendre l’accent parisien ? Est-ce qu’il ne risque pas, plus tard, de manger des moules-frites, voire des nems ou des sushis ? » Impensable.

Et même pour des choses plus importantes pour les parents, en général, on n’en fait pas toute une maladie. Ainsi, quand le petit dernier commence à refuser de suivre père et mère à la messe dominicale, on ne trouve pas ça contre-nature ou inquiétant à l’excès. Alors pourquoi cette focalisation sur la différence entre hommes et femmes ?

La chose est d’autant plus surprenante que ce qui préoccupe les parents, ce n’est pas une réalité biologique. Ils n’ont pas peur que le sexe de leur fils se mette à rétrécir et se recroqueville pour finir en vagin. Non, ce qu’ils veulent, c’est que leur enfant se conforme à un ensemble de stéréotypes. Le mot est parfaitement adéquat puisqu’il n’y a rien, absolument rien, dans la nature d’un garçon, qui le pousserait à s’habiller en bleu plutôt qu’en rose, pas plus qu’il n’y a dans la nature d’une fille quoi que ce soit qui doive l’inciter spécialement à devenir coiffeuse plutôt que cosmonaute. Donc, les parents recherchent la conformité avec une construction sociale.

On pourrait même dire qu’ils recherchent la conformité avec une mode, tant les stéréotypes dont ils désirent si ardemment de voir les premiers signes sont historiquement datés. À certaines époques, les hommes, surtout dans les classes sociales supérieures, portaient robes et cheveux long sans que cela gênât qui que ce soit. Nouvelle surprise donc : pourquoi les gens sont-ils si préoccupés par cette mode-là ? Les mêmes qui crient aujourd’hui au meurtre de l’altérité sexuelle ne s’offusquent pas outre mesure, que je sache, que les hauts-de-forme aient disparu de nos têtes, ni même que les femmes portent des pantalons, pratique qui, lorsqu’elle s’est généralisée au début du XXe siècle, a déclenché un scandale.

Beaucoup de parents désirent donc avec une ferveur angoissée que leurs enfants se conforment à des stéréotypes socialement construits, historiquement datés, et liés au sexe desdits bambins. Lâchons le mot : ils veulent que leurs enfants se plient à des stéréotypes de genre.

Oui, ça y est, je l’ai dit, vous pouvez lâcher les lions. Et le genre, ou la réalité derrière ce mot, est indéniable. Personne ne peut prétendre que le rose va naturellement mieux aux filles, et le bleu naturellement mieux aux garçons. Qui habille préférentiellement sa fille en rose et son fils en bleu ne peut donc que reconnaître que cela provient d’une construction sociale, pas biologique, ce qui est la définition même de la notion de « genre ». Tous ceux qui reproduisent ces stéréotypes sont donc les monsieur Jourdain du genre : ils en font sans le savoir. Pis encore, ils en font alors même qu’ils prétendent refuser au concept toute espèce de légitimité scientifique.

Et encore, en disant cela, je reste gentil, puisque pour eux, le genre, ou plutôt le « djender » est une abomination qui va, dans les décennies à venir, être la source des maux les plus ignobles : suppression de la différence sexuelle, totalitarisme, génération suicidaire par manques de repères, j’en passe et des plus croustillantes.

Le Djender adoptant une de ses incarnations
les plus traditionnelles.

Quand il ne rôde pas dans les écoles en cherchant à
posséder un professeur, le Djender aime tout
particulièrement se cacher  dans les placards.
Et au nom de cette lutte contre le « djender » (autant dire contre la bête immonde), on en voit passer des qui ne sont pas piqués des hannetons. Ainsi, un article du Salon beige intitulé « Lettre d’un père à un maire » critique, je cite, « la propagande du gouvernement sur l’idéologie du gender ». Et la critique est, pour moi, hallucinante.


Qu’est-ce qui gêne ce monsieur, en premier lieu ? Premier point : le « programme d’action gouvernementale contre les violences et les discriminations commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ». Mais comment peut-on oser émettre le moindre mot contre un tel programme ? Qu’est-ce qu’il veut nous dire ? Que les violences ne sont pas si condamnables si elles sont dirigées contre les pédés ? Qu’il ne faut pas lutter contre ces violences ? Qu’on le désapprouve, en son for intérieur, me semble déjà assez sidérant ; mais qu’on ose le dire, l’écrire, là pardon, mais c’est courir un tout autre galop.

Second point : « le programme interministériel sur l’égalité hommes-femmes », accusé d’être « imbibé de cette notion de genre ». Imbibé, je me demande qui l’est… Faut oser, là encore ! Est-il en train de dire que la lutte pour l’égalité hommes-femmes est une mauvaise chose ? Que les rapports doivent rester inégaux ? Que les hommes doivent continuer à gagner en moyenne 17% de plus que les femmes ?

Tout le reste est à l’avenant. Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, « ABCD de l’égalité », tentatives étatiques pour lutter contre les stéréotypes de genre (on y revient…), éducation contre l’homophobie dès le primaire, rien n’est épargné.

Mais cette galerie des horreurs ne répond pas à la question fondamentale : bon sang de bonsoir, qu’est-ce que tous ces gens-là redoutent, à la fin ? La première idée qui m’est venue, c’est que, sans l’avouer, peut-être même sans se l’avouer à eux-mêmes, les critiques des études de genre et de leur introduction dans les écoles, ou plus généralement tous ceux qui reproduisent les clichés les plus bêtas en tremblant que leurs gosses ne finissent par y échapper malgré eux, n’étaient au fond que des conservateurs. Des gens qui veulent préserver les choses comme elles sont.

Ce n’était pas impossible, après tout : des gens que ne gêneraient pas outre mesure les droits acquis par les femmes au cours du XXe siècle, mais qui ne voudraient pas que les choses allassent plus loin, qui voudraient que les hommes conservassent une légère supériorité sociale sur les femmes. Beaucoup de gens, après tout, aiment l’existant parce qu’il existe, non parce qu’il est bon, et veulent donc le conserver en l’état sans se demander si c’est bien ou pas. Et comme ceux qui pâtissent d’un état de choses ne sont pas toujours exempts de cette tendance, on comprendrait que pas mal de femmes elles-mêmes luttassent pour rester légèrement inférieures aux hommes. Parce que, pour le moment, c’est comme ça.

Et d’ailleurs, dans une certaine mesure, cette explication par le conservatisme est juste. Tony Anatrella, par exemple, ne s’embarrasse pas de la « lutte contre l’homophobie » dont Frigide Barjot avait voilé ses « manifs pour tous » ; lui condamne clairement le terme même « d’homophobie » et ne se gêne pas pour dire que l’homosexualité est une déviance, une perversion, une maladie, une malformation du développement psychologique. Il ne veut donc surtout pas qu’elle se banalise.

Mais cette explication ne me satisfaisait pas entièrement. Je sentais bien que tous ces discours apocalyptiques sur la fin de l’altérité sexuelle, sur le malheur des enfants à venir, discours qui émanaient parfois de personnes dont je respectais profondément l’intelligence, ne pouvaient pas être le seul reflet d’un conservatisme social. Plus je discutais avec certains de mes proches sur le sujet, plus je sentais que la peur qui se lisait dans leurs diatribes, loin d’être exagérée pour les besoins de la cause, était plutôt plus forte encore qu’ils ne l’exprimaient. Une panique, une terreur.

Et c’est là que je me suis souvenu d’un excellent article rédigé par Titiou Lecoq pour Slate, à l’occasion du tweet de Christine Boutin se moquant de la mastectomie subie par Angelina Jolie. Il faut lire cet article : il est allé au fond des choses, je crois. Pour rappeler brièvement les faits, après la double ablation des seins subie volontairement par l’actrice pour raisons médicales, Mme. Boutin avait tweeté : « Pour ressembler aux hommes ? Rires ! Si ce n’était triste à pleurer ! » Voilà ce qu’en dit Titiou Lecoq :

« La première explication qui vient à l’esprit c’est qu’elle a fondu un plomb et qu’elle va finir dans l’état de cet homme qui s’est arraché les yeux. [...] Ce tweet révèle une [...] obsession, une mécanique idéologique profonde : Christine Boutin a une vision cauchemardesque du féminisme actuel. […] Derrière ce tweet à vomir, ce qu’il faut lire, c’est la peur d’une femme perdue. D’une femme qui ne comprend plus rien à la société dans laquelle elle vit. D’une femme qui se croit harcelée par ses propres hallucinations, par les fantômes d’autres femmes qui se font ôter les seins pour devenir des hommes et forniquer dans tous les sens et donner ensuite leurs enfants à des couples homosexuels qui habilleront leurs petits garçons en rose avant de les manger. »

« Une femme perdue », « qui se croit harcelée par ses propres hallucinations » : la peinture me frappe par sa vérité. Et cette incompréhension – et donc cette peur – sont bien plus répandues qu’on ne le pense, parce qu’elles ont des degrés, et que tous ne sont pas également visibles. Chez certains, c’est une panique, et ça conduit à une action obsessionnelle, politique par exemple, forcément très visible (Mme. Boutin, ou dans une moindre mesure ceux qui ont été de toutes les manifs pour tous et qui continuent, aujourd’hui encore, à « veiller »).

Mais chez d’autres, c’est bien plus discret. Chez ceux qui n’ont pas une angoisse absolue qui les empêche de s’endormir le soir (pour ceux-là, les images postées plus haut sont véritablement éclairantes), mais seulement une peur plus légère, plus diffuse, ça se traduit par un conservatisme d’inertie, moins virulent et donc socialement mieux accepté. Ce sont les instits qui font des étiquettes roses pour les filles et bleues pour les garçons (oui ! il y en a encore). C’est le patron de Barilla qui affirme qu’il ne mettra jamais un couple homosexuel dans ses publicités parce que ça ne correspond pas à l’image qu’il a de la société. Imagine-t-on les réactions s’il avait dit qu’il refusait de mettre un noir ou un juif dans ses pubs pour la même raison ?

Quoi qu’il en soit, et quel que soit le degré auquel s’exprime cette peur, cette grille de lecture explique beaucoup de choses. Par exemple, pourquoi le dialogue est à ce point complètement impossible entre partisans et adversaires des études de genre : parce que l’opposition à cette notion est en fait moins une opinion qu’une peur irrationnelle. Du coup, vous pouvez bien démontrer que les études de genre n’ont pas, dans leur immense majorité, pour but de nier la différence biologique entre les sexes, ça ne changera rien à l’opposition des opposants. De même qu’ouvrir la porte du placard et montrer à l’enfant qu’il n’y a rien dedans que des jouets ou des habits n’enlève rien à sa peur ; dès que l’adulte est reparti se coucher, la peur du monstre dans le placard revient aussitôt.

Alors bien sûr, il y a de bonnes expériences, des instituteurs qui font de vrais efforts, qui travaillent patiemment, subtilement, avec les enfants dont ils ont la charge. Mais tout cela nous montre aussi à quel point la lutte est loin d’être gagnée : il est bien plus difficile d’abattre une terreur infondée qu’un raisonnement erroné.


***** Nota Bene *****

J'espère que Joshua Hoffine me pardonnera le petit détournement de ses excellentes photos qui redonnent vie aux monstres de notre enfance.

5 commentaires:

  1. Bonjour,

    J'ai de longs échanges mails avec un excellent ami sur ces questions - il "veille", à mon grand désespoir... J'ai fini par lui demander de m'expliquer très concrètement ce qui lui faisait peur. Je n'ai pas de réponse pour l'instant.
    je suis aussi frappée par le fait que la plupart des opposants au grand méchant djendeur ne voient pas que les stéréotypes de genre font de vrais dégâts. Tout le monde est capable de voir que tous les garçons et toutes les filles ne rentrent pas tous parfaitement dans les cases attribuées à leur genre ; alors, concrètement, on fait quoi, pour ceux qui sont hors norme ? pour le petit gars qui aime le rose (j'en ai un à la maison !) ? pour la petite fille qui aime le foot ? pour l' homme adulte qui veut devenir assistant maternel ? On les rééduque ? généralement, quand je dis ça, il y a un blanc, puis un "mais c'est pas ça, le problème !". Ben si, concrètement, c'est ça, le problème. C'est Billy Eliott, le problème : on le force à faire de la boxe, le môme ?
    je raconte souvent cette anecdote : quand je pars pour mon boulot, on me demande TOUJOURS ce que j'ai fait des enfants. On ne pose jamais cette question à mes collègues masculins. Alors je fais quoi ? j'arrête de bosser ?

    de quoi ont peur les opposants au "djendeur", oui, c'est une bonne question. moi je sais pourquoi ils me font peur, c'est parce qu'au quotidien je dois lutter contre l'image de moi qu'ils me renvoient - celle d'une nana "trop mec" pour être une vraie nana (et donc une bonne mère, parce que chez les femmes, c'est beaucoup là dessus que ça se joue...).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Entièrement d'accord avec vous. Si votre ami finit par vous expliquer de quoi il a peur, sa réponse m'intéresse...

      Supprimer
  2. Je vous dirai !
    je suis par ailleurs frappée, chez certains, par le force de l'argument "c'est une théorie" - un peu comme pour la "théorie de l'évolution" vue par les créationnistes ! par exemple, le SNUIPP - qui n'est pas franchement le syndicat dont je me sens la plus proche... - a fait un dossier pédagogique que je trouve excellent pour envisager la lutte contre les discriminations de genre à l'école. Honnêtement, en le lisant, je me disais qu'on ne pouvait rien lui reprocher. Ben si : "c'est du lavage de cerveau, il n'y a aucune place pour une pensée alternative !". Mais quelle alternative ? "vous pouvez rejeter le garçon de la classe qui joue à la poupée, parce que c'est pas un vrai garçon" ? "vous avez le droit d'empêcher les filles de jouer au foot, parce que c'est que pour les gars" ? "vous avez le droit de dire à Tom qui a deux mamans qu'en vrai, il n'en a qu'une et qu'il doit être très malheureux" ? (et évidemment "vous voyez bien, dans toutes les histoires, le prince épouse la princesse, pas un autre prince, donc c'est comme ça, pas autrement !").
    Je reste très perplexe devant cette idée d'une "alternative". L'envisage-t-on quand on parle de racisme aux enfants ("penser qu'il n'y a pas de races, c'est une opinion, une autre d'égale valeur est de penser que certaines races sont supérieures aux autres...") ? Quant on explique les méfaits du totalitarisme ("ah mais en fait, on peut voir les choses autrement, hein, le totalitarisme permet à un pays d'être très puissant !") ?
    j'ai assisté récemment à une demi-journée de formation des enseignants sur la lutte contre l'homophobie, et pour le coup les membres de l'assoc qui la faisaient m'ont quand même fait sourire : ils répétaient "le but c'est que l'enfant se fasse son opinion lui-même, pense par lui-même". Ben non, le but c'est que les enfants comprennent que c'est mal de traiter quelqu'un de "sale pédé" ou de rejeter Juliette de l'équipe de rugby ou de racketter Arthur parce qu'il aime dessiner des coeurs roses.
    Si on sort de l'école en pensant que les noirs sont moins intelligents que les blancs mais courent beaucoup plus vite, l'école a loupé un truc. Si on sort de l'école en pensant que les homos, quand même, c'est des malades, l'école a manqué un truc. Et si on sort de l'école persuadé qu'on ne peut être maçon parce qu'on est une fille, l'école a manqué un truc. Et tant pis pour les parents qui le pensent, eux : c'est le rôle de l'école que de contrebalancer les opinions familiales, en ce cas. je ne me fais pas beaucoup de copains, quand je dis ce genre de trucs... Mais rien à faire : les parents peuvent être persuadés que Marignan a eu lieu en 1516, ils n'en ont pas moins tort.
    j'avais aussi commencé une réponse au billet suivant, mais je n'arrive pas à m'exprimer clairement... et puis je suis trop bavarde (c'est très féminin, non ? :D ).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le bavardage, féminin ? Je sais bien que je suis bi, mais bon, je reste un mâle, et je suis très bavard moi-même... Donc allez-y, lâchez-vous sans complexe, vous êtes tombée chez un confrère. ;-)

      Pour le fond, entièrement d'accord avec vous ; et je suis bien placé pour savoir que l'école "manque souvent un truc". Il y a quelques années, j'enseignais en 5e, au fin fond du Tarn-et-Garonne, et devant la terrible homophobie d'une de mes classes, j'avais réorienté le thème d'éducation civique "Des êtres humains, une seule humanité" pour ne plus parler à peu près que de cela (le reste, ils maîtrisaient à peu près). A la fin des deux heures que j'avais consacrées au sujet, un des élèves (pas le plus fin il est vrai) avait marmonné : "je veux bien pas être homophobe, mais j'aurai jamais un copain gouine ou pédé"... Je m'étais dit que la bataille idéologique était encore loin d'être gagnée.

      Supprimer
  3. ne désespérons pas : les élèves d'un ami, persuadés qu'il était juif, lui ont dit en fin d'année "m'sieur, on sait bien que vous êtes juif, mais c'est pas grave, on vous aime bien quand même" ;-)

    RépondreSupprimer